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Résumé Exécutif

Cette étude vise une meilleure compréhension des éléments clés de l’écosystème
des infox au Mali. Elle estime que la détérioration de la situation politique dans
le pays a facilité la prolifération des infox. L’écosystème des infox au Mali est
aussi en plein essor dans les médias traditionnels qui sont dominés par l’élite politique
et économique qui finance des reportages pour leurs propres intérêts. Quatre des cinq
journaux les plus diffusés au Mali à mi-2021 sont des propriétés privées de politiciens.


Même si la radio reste la source d’information la plus importante du pays, Facebook et
WhatsApp gagnent en popularité et sont devenus des voies essentielles pour la diffusion
d’informations vraies ou fausses. La possibilité d’envoyer et de recevoir des messages
audios et vidéo sur WhatsApp et Facebook permet aux utilisateurs non alphabétisés de
se connecter, de produire, de consommer ou de partager des informations. Les infox qui
circulent sur ces plateformes de réseaux sociaux envahissent toutes les sphères de la vie
hors ligne et font l’objet des sujets de conversation lors des rassemblements sociaux et
religieux. Il est également vrai que des interventions virales sur les réseaux sociaux peuvent
influencer le contenu des médias traditionnels.


Les acteurs et facilitateurs clés des infox sont des hommes politiques, des personnalités
du monde de la culture, des groupes armés non gouvernementaux et même des groupes
terroristes. En effet, de plus en plus de « cyber-guerriers » sont payés pour circuler des
infox. L’impact de ces « cyber-conflits » se fait sentir dans la réalité. Les infox ont contribué
à guerriers » sont payés pour circuler des infox. L’impact de ces « cyber-conflits » se fait
sentir dans la réalité. Les infox ont contribué à amplifier les conflits communautaires. Les
actes criminels perpétrés contre les membres d’un groupe ethnique sont souvent attribués
aux membres d’un autre groupe ethnique, ce qui entraîne des représailles. Certains
acteurs externes, comme l’armée française et les Russes, sont impliqués également dans la
propagande et le partage des infox. À la suite de la récente décision des nouvelles autorités
maliennes de signer un contrat avec la société de sécurité privée russe Wagner, les infox
liés à l’intervention militaire de la France circulent à nouveau largement.


Pour lutter contre cette prolifération des infox, le gouvernement malien a promulgué une
loi sur la cybercriminalité en 2020. Bien que cette loi n’aborde pas directement la question
des « fake news », elle prévoit des sanctions — notamment de lourdes amendes et des
peines de prison — pour diverses infractions commises sur les réseaux numériques. La
loi confère également à l’État le pouvoir de couper ou de ralentir l’accès à Internet lors
d’événements considérés comme une menace pour la sécurité, tels que des manifestations
ou des élections. Les militants de la société civile sont sceptiques quant à ce cadre
juridique et craignent que l’on en abuse pour limiter la liberté d’expression et la liberté
de la presse. Les plateformes médiatiques spécialisées dans la vérification des faits ne
font que commencer, mais les professionnels des médias reconnaissent davantage le rôle
important qu’elles peuvent jouer dans la lutte contre les infox.

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