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Résumé exécutif

Ce rapport démontre qu’en Côte d’Ivoire, les infox sont un phénomène essentiellement politique et qu’elles constituent une menace importante pour la stabilité politique. Les informations mensongères en Côte d’Ivoire circulent très vite sur les réseaux sociaux tels que Facebook et WhatsApp, ainsi que par le bouche-à-oreille. En effet, ces dernières années, les échanges entre ces plateformes connectées et hors ligne ont accéléré la vitesse à laquelle les informations mensongères circulent dans le pays.


Malgré la vulgarisation des réseaux sociaux, surtout auprès des jeunes, la diffusion des infox par voie de bouche-à-oreille pose un défi majeur dans le pays. Un défi qui ne date pas d’hier, mais qui a pris de l’ampleur avec la croissance des plateformes numériques. La convergence et les échanges d’informations entre ces deux espaces résultent en une propagation rapide des infox des plateformes connectées aux espaces hors ligne, à une vitesse que les systèmes de vérification des faits ne sont pas souvent en mesure de contrôler.


En s’appuyant sur des recherches documentaires, des entretiens et des discussions de groupe, ce rapport présente à quel point les infox ont des conséquences importantes dans le monde réel. Lors des élections présidentielles d’octobre 2020, des rumeurs d’attaques violentes incitées par des différences ethniques ont entraîné des représailles entre les groupes ethniques concernés dans la ville de M’Battao. De même, une infox devenue virale en mai 2021 a incité des violences contre des Nigériens vivant en Côte d’Ivoire et a causé la mort d’au moins un Nigérien. Ces exemples sont inquiétants étant donné que le pays est toujours confronté à des troubles post-électoraux et à une instabilité considérable résultant d’un conflit intermittent qui a duré neuf ans et qui a pris fin en 2011.


Cette étude démontre que la prévalence des infox est amplifiée et facilitée par le manque d’informations convenables et crédibles de la part du gouvernement. Le silence laisse place à la propagation des théories du complot et des rumeurs. Même lorsque le gouvernement fournit des informations, la population doute de leur véracité et préfère s’en remettre aux influenceurs sur les réseaux sociaux et à leurs proches, qui fournissent des mises à jour plus régulières, mais pas toujours exactes.


Les avatars virtuels, qui se cachent derrière des pseudonymes, constituent une caractéristique importante de paysage de l’information. Le plus connu d’entre eux, Chris Yapi, compte plus d’un demi-million d’abonnés sur Facebook et est largement considéré comme une source d’information crédible par de nombreux Ivoiriens. Sur les réseaux sociaux, un Ivoirien sur 12 suit Yapi.


La propension du gouvernement à privilégier les mesures punitives destinées à réprimer les personnes impliquées dans la diffusion des infox n’influence aucunement le flux des informations mensongères. Tout au contraire, cela a provoqué une augmentation des

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