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Jamie Hitchen et Idayat Hassan – June 2022

Le phénomène de propagation des informations mensongères à travers les écosystèmes d’informations en Afrique de l’Ouest s’amplifie. Bien que rendu possible par l’accès croissant aux réseaux sociaux et à Internet dans la région, le flux d’informations fallacieuses n’est pas simplement limité aux espaces en ligne, mais circule entre les environnements hors ligne et numériques, et ce, régulièrement et facilement. Ainsi, dès qu’une rumeur est lancée par un influenceur en ligne sur Facebook et qu’elle devient une tendance, cette rumeur peut faire l’objet de débats et de discussions dans des émissions de télévision ou de radio, ce qui élargit son audience. Ces débats, à leur tour, font ensuite l’objet de discussions et de débats dans des lieux de rassemblement tels que les marchés, les bases des atayahs, les lieux de rassemblement des motos-taxis ou les grins1 qui leur permettent de circuler à travers des réseaux bien établis de rumeurs par le bouche- à-oreille. Pour compléter le cycle, ces rumeurs hors ligne peuvent ensuite être transposées en ligne et peuvent être davantage biaisées dans le but de désinformer ou simplement de renforcer une information mensongère déjà en circulation.

La manière dont les informations circulent entre les réseaux en ligne et hors ligne permettent de mieux comprendre comment les informations fallacieuses se propagent et influencent les actions en Afrique de l’Ouest. Il en va de même pour la confiance. L’information que l’on considère comme provenant d’une source digne de confiance – que ce soit la source d’origine de l’information ou la personne qui l’a partagée en dernier – est essentielle pour déterminer ce qui est vrai ou faux, et si cette information se conforme à des idées reçues et à des préjugés existants. Ces deux critères deviennent de plus en plus évidents pour tous ceux qui participent à la Les études par pays ont identifié sept acteurs clés impliqués dans la diffusion d’informations mensongères et leurs effets dans les domaines de la politique, de la santé et de la cohésion sociale. Ces acteurs sont des militants politiques, des influenceurs en ligne, l’État, des entreprises médiatiques, des sociétés de conseil spécialisées, la diaspora et des États étrangers. Si le rapport entre la propriété des médias et la politique en Afrique de l’Ouest a toujours favorisé la circulation d’informations fallacieuses, le nombre croissant d’utilisateurs des réseaux sociaux dans la région donne une place privilégiée aux influenceurs en ligne et à la diaspora qui dispose d’une audience numérique importante et souvent réceptive. Pendant les élections, la lutte pour exercer une influence sur ce public en ligne est amplifiée, les acteurs politiques recrutant de plus en plus de « cyber- guerriers » nationaux ou de spécialistes de la communication régionale et internationale pour obtenir un avantage électoral.

Les réponses au phénomène grandissant de la prolifération des informations fallacieuses dans l’écosystème de l’information rencontrent des difficultés du fait que non seulement l’État n’est pas un acteur impartial, mais qu’il participe également à la diffusion et à la création d’informations mensongères ou dans la restriction égoïste des flux d’information en ligne. Néanmoins, il existe également des exemples d’interventions gouvernementales plus bénéfiques sur le plan social dans l’écosystème de l’information. Pendant la pandémie de la Covid-19, on a observé des exemples de pays qui faisaient des efforts pour rendre plus transparentes les informations sur les initiatives de santé publique.

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